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Articles avec #art - expos

Mes nuages, ça fait une éternité! J'espère que vous allez bien et que la vie est douce avec chacun d'entre vous. Je sors de mon tourbillon pour contempler à nouveau cette exposition que je pensais vous faire découvrir il y a des mois... Installez-vous confortablement, cet article risque d'être long et passionnant (enfin c'est ce que j'aimerais transmettre).

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En septembre dernier, la Fondation Louis Vuitton a consacré la totalité de ses espaces et de sa programmation culturelle à l'Afrique, poursuivant son ouverture aux enjeux du continent et à des propositions d'artistes inédites.

 

J'ai visité l'exposition le dernier jour de sa prolongation, et six mois après, je reste encore saisie par la puissance évocatrice des oeuvres, l'esthétique et la sensibilité qui affleurent pour témoigner d'une créativité foisonnante. Je vous partage mes coups de coeur à travers les trois étages que j'ai parcouru durant des heures.

 

 

"LES INITIES"

Un choix d'oeuvre (1989-2009) dans la collection d'art contemporain africain de Jean Pigozzi

 

En 1989, après la visite de l'exposition "Magiciens de la Terre" qui agit sur lui comme une révélationJean Pigozzi fait appel à André Magnin comme conseiller pour constituer une collection dédiée aux artistes vivant et travaillant en Afrique subsaharienne. Le tandem parcourt alors le continent, réalisant un travail de défricheur sans repères préalables, à une époque qui ne connait ni téléphone, ni portable, ni internet. Leur complicité et leur engagement dans l'élaboration progressive de ce projet a permis de réunir un fond unique et emblématique en privilégiant : la rencontre avec les artistes, la découverte de leur contexte de travail, ainsi que le soutien de leur liberté et originalité dans leur démarche artistique.

 

Les artistes retenus dans cette fabuleuse collection sont autodidactes et tous héritiers de savoirs spirituels, scientifiques et techniques. Ils étaient totalement méconnus et ont développé des mondes en exprimant une grande variété de préoccupations à travers des thèmes communs : le détournement d'objets quotidiens, le rapport au surnaturel ancré dans la pensée africaine, le lien avec la culture populaire, l'appropriation de la connaissance pour maîtriser le monde et l'utopie d'un futur garant d'un avenir meilleur. La singularité des oeuvres révèle les milles visages de l'Afrique et joue un rôle de prescripteur dans son rayonnement international.

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ROMUALD HAZOUME (BENIN)

Descendant d'une prestigieuse lignée de grands prêtres du Fâ, Romuald Hazoumè développe une oeuvre en lien étroit avec sa culture yoruba où le  masque occupe une place importante. L'artiste en revisite les formes et bouleverse les codes de ce savoir-faire ancestral à partir d'objets usagés du quotidien. Ses masques sont réalisés le plus souvent avec des bidons en plastique de provenances différentes qu'il se procure dans son pays où ils jouissaient d'une seconde vie en servant au transport illégal d'essence depuis le Nigéria. Tout en dénonçant ce trafic aussi lucratif que dangereux pour ceux qui s'y adonnent, Hazoumè se joue des stéréotypes liés à l'Afrique en offrant à ces jerrycans une nouvelle existence qui les propulse dans le champ de l'art, tout en renvoyant en beauté à l'Occident les rebuts dont la société de consommation a coutume de se débarrasser sur le continent.

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Ear Splitting 1999 - Romuald Hazoumè by mycottoncloud

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Aloda 1996 - Romuald Hazoumè by mycottoncloud

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RIGOBERT NIMI (CONGO)

Après 5 ans d'études en mécanique appliquée qui ne lui permettent pas de trouver un emploi honorablement payé, Rigobert Nimi trouve sa voie en fabriquant des maquettes incroyablement fidèles et sophistiquées d'avions, de trains, de motos ou d'automobiles qui lui donneront le surnom "d'ingénieur".

L'environnement chaotique dans lequel il vit à Kinshasa lui fait prendre conscience que le monde doit évoluer et que tous les jeunes qui ont du talent comme lui peuvent y contribuer. Ainsi, pour Rigobert Nimi, l'imagination de l'homme et la création doivent pouvoir soulager la souffrance et les difficultés de la vie. L'artiste se définit lui-même comme un chercheur qui veut effectuer des choses extraordinaires et impressionnantes que les gens n'ont jamais vus : "l'imagination et la recherche pour moi ne dépendent pas de la pauvreté ou du confort. Ma curiosité a été aiguisée très jeune par les dessins-animés et les films de science-fiction qui m'ont définitivement attirés vers la technologie, l'espace et la robotique".

Nimi élabore préalablement des croquis, fait des calculs puis des schémas qui organisent étape par étape la construction de ces machines. Il travaille à partir de matériaux récupérés, de déchets industriels, de plastique, tôle, aluminium et matériaux électriques que l'on peut trouver à Kinshasa. Conception générale, méthode et précision technique sont une constante dans l'élaboration de ses oeuvres monumentales, conçues pour être totalement démontables et remontables. Son oeuvre est pleine de mouvement, de  son, de lumière et s'organise dans un mécanisme simple et robuste où le tout fonctionne parfaitement comme une horloge. 

 

Station Vampires 2013 - Rigobert Nimi by mycottoncloud

Station Vampires 2013 - Rigobert Nimi by mycottoncloud

CHERI SAMBA (REPUBLIQUE DEMOCRATIQUE DU CONGO)

Peintre engagé dès le début des années 1970, Chéri Samba se fait le porte parole de la peinture populaire congolaise qu'il admire auprès de ses ainés. Il imprime rapidement sa marque en introduisant dans ses toiles des textes à la fois en français et en lingala. S'inspirant de la vie quotidienne, il aborde une vaste palette de sujets tirés de l'actualité politique, économique, sociale et culturelle de Kinshasa : problèmes écologiques, événements tragiques, corruption, beauté des femmes, ravage du sida, renouveau des équilibres mondiaux, reconnaissance de l'art africain. Dans un style figuratif direct, humoristique et provocant, ses peintures traduisent par leur précision et leur audace politique, une vision décomplexée de l'Afrique turbulente, agitée et résolument contemporaine.

Little Kadogo, I am for peace that is why I like weapons 2004 - Chéri Samba by mycottoncloud

Little Kadogo, I am for peace that is why I like weapons 2004 - Chéri Samba by mycottoncloud

Problème d'eau 2004 - Chéri Samba by mycottoncloud

Problème d'eau 2004 - Chéri Samba by mycottoncloud

MALICK SIDIBE (MALI)

Peul d'origine et de tradition, Malick Sidibé achète son premier appareil photo en 1956 et ouvre son studio à Bamako en 1962, dans le quartier populaire de Bagadadji. Parallèlement, il réalise des reportages de nuit photographiant sur le vif les soirées de la jeunesse malienne et de ses clubs qui se font concurrence. Il dépeint l'Afrique joyeuse et survoltée de l'après-indépendance, riche de promesses, dans son désir d'émancipation, dont il saisit les évolutions de la mode et des habitudes de vie.

Nuit de Noel 1963 - Malick Sidibe by mycottoncloud

Nuit de Noel 1963 - Malick Sidibe by mycottoncloud

Un très amoureux des disques 1968 - Malick Sidibe by mycottoncloud

Un très amoureux des disques 1968 - Malick Sidibe by mycottoncloud

BODYS ISEK KINGELEZ (REPUBLIQUE DEMOCRATIQUE DU CONGO)

En 1978, une vision pousse Kingelez à élaborer une "curieuse maisonnette" qui lui permet d'être engagé comme restaurateur à l'Institut des Musées Nationaux de Kinshasa. Il quitte ce travail en 1985 pour développer un projet d'architecture autour d'une centaine de maquette de bâtiments à usage collectif, aux formes inhabituelles et couleurs vives construites à partir de matériaux de récupération. Mu par le désir de contribuer à l'avenir de l'Afrique grâce à l'art, Kingelez consacre toute sa vie à l'élaboration de ces maquettes qui rassemblent toutes les fonctions de villes rêvées, complexes et oniriques. Ces simulations urbaines articulent des espaces de représentation politique, de zones commerciales et financières, des quartiers de divertissement et d'habitation. Chaque cité fonctionnant comme "un Etat libre et laïque qui ne nécessite jamais de police, de soldats, de prisons...un ciel sur la terre, un bijou remarqué du monde entier". Elles interrogent l'avenir des grandes métropoles africaines.

New Manhattan [New Manhattan City 3021] 2002 - Bodys Isek Kingelez by mycottoncloud

New Manhattan [New Manhattan City 3021] 2002 - Bodys Isek Kingelez by mycottoncloud

Etoile Rouge Congolaise 1990 - Bodys Isek Kingelez by mycottoncloud

Etoile Rouge Congolaise 1990 - Bodys Isek Kingelez by mycottoncloud

MOKE (REPUBLIQUE DEMOCRATIQUE DU CONGO)

Figure majeure de la peinture populaire congolaise, Moke débute la peinture à l'âge de 12 ans en réalisant des paysages avec ses doigts sur des morceaux de cartons ou de toiles qu'il vend ensuite sur les marchés de Kinshasa. "Peintre reporter de l'urbanité", il développe un style réaliste et exubérant, nourrit par l'observation de son environnement. Stratégiquement installé au croisement des grandes artères Kasa Vubu et Bolobo, l'atelier de Moke est immergé au sein de la ville où il puise son inspiration. Ses peintures prennent pour sujets les sapeurs, la fête, les disputes de voisinages, les transports publics, les défilés des cérémonies. Les scènes de bar nocturnes sont également un sujet omniprésent que l'artiste traite à travers de nombreuses variations. Son style se caractérise par un cerne noir qui délimite des personnages aux visages ronds, une perspective inventive, des couleurs industrielles chaudes et vives, des foules qui recréent l'atmosphère particulières des festivités kinoises.

Skol Primus 2001 - Moke by mycottoncloud

Skol Primus 2001 - Moke by mycottoncloud

OKHAI OJEIKERE (NIGERIA)

A la fin des années 1960, Ojeikere constitue une importante archive photographique qui documente la création vivante dans son pays, dont le série "Hairstyles" est la plus emblématique. Elle se compose de plusieurs milliers de clichés de coiffures nigérianes féminines, réalisées entre 1968 et 1999 selon un protocole immuable. Simple ou élaborée, traditionnelle ou récente, chaque coiffure a un nom, une histoire et une signification précise. Réalisées pour  des cérémonies ou sans raison particulière, ces créations capillaires dont l'appellation varie d'une région à l'autre servent de marqueur social et fournissent des informations sur la femme qui les arbore. Au-delà du projet esthétique, Ojeikere donne à cette collection inédite de portraits une fonction patrimoniale qui contribue à préserver et diffuser la culture nigériane.

Onile Gogoro Or Akaba 1975 - Okhai Ojeikere by mycottoncloud

Onile Gogoro Or Akaba 1975 - Okhai Ojeikere by mycottoncloud

Roudabout Kiko 1971 - Okhai Ojeikere by mycottoncloud

Roudabout Kiko 1971 - Okhai Ojeikere by mycottoncloud

Okhai Ojeikere by mycottoncloud

Okhai Ojeikere by mycottoncloud

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Brush Eko Bridge 1972 - Okhai Ojeikere by mycottoncloud

Brush Eko Bridge 1972 - Okhai Ojeikere by mycottoncloud

Beri Beri 1974 - Okhai Ojeikere by mycottoncloud

Beri Beri 1974 - Okhai Ojeikere by mycottoncloud

Fro Fro 1970 - Okhai Ojeikere by mycottoncloud

Fro Fro 1970 - Okhai Ojeikere by mycottoncloud

Okhai Ojeikere by mycottoncloud

Okhai Ojeikere by mycottoncloud

Okhai Ojeikere by mycottoncloud

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Suku Oni Didi 1974 - Okhai Ojeikere by mycottoncloud

Suku Oni Didi 1974 - Okhai Ojeikere by mycottoncloud

JOHN GOBA (SIERRA LEONE)

D'origine Mendé, Goba grandit dans la Bondo Society dans laquelle sa grand-mère jouait un rôle très important, au sud de la Sierra Leone. A l'issu de son initiation au sein de cette société secrète de femmes, il part s'installer à Freetown. Vers trente ans après une révélation mystique, John Goba, commence à fabriquer des sculptures qui renvoient aux savoirs traditionnels, aux secrets et aux contes des différents ethnies. Progressivement, l'artiste s'éloigne de ces influences traditionnelles pour affirmer une plus grande liberté. Ses sculptures aux formes rondes et aux détails minutieusement rendus montrent le façonnage du bois typique des communautés de la forêt. Son travail se caractérise par la multitude d'épines de porc-épic plantées dans des boules de bois qui entourent les personnages telle des constellations protégeant l'accès au coeur de la sculpture.

Yellow Woman 1993 - John Goba by mycottoncloud

Yellow Woman 1993 - John Goba by mycottoncloud

CALIXTE DAGPOGAN (BENIN)

Issu d'une dynastie de forgerons, Calixte Dagpogan est un artisan et sculpteur qui débute sa carrière au début des années 90. Si ces premières oeuvres sont marquées par l'influence de la statuaire Fon du XIXè siècle, Dagpogan trouve très vite un style personnel où il revisite la tradition, et notamment celle des masques, avec une imagination débridée. Ses premières sculptures sont composées des pièces détachées de voitures usagées, récupérées et assemblées. A partir des années 2000, Dagpogan utilise des objets neufs "made in China", issus de la consommation courante (stylos-billes, bijoux de pacotille, ampoule, perruques...), qu'il se procure de par le monde. Avec inventivité et humour, il les combine à des éléments récupérés pour donner forme à des visages qui naissent de l'accumulation colorée d'éléments similaires ou hétéroclites.

Calixte Dagpogan by mycottoncloud

Calixte Dagpogan by mycottoncloud

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ABU BAKARR MANSARAY (SIERRA LEONE)

Abu Bakarr Mansaray étudie en autodidacte la chimie, la physique, l'électronique ou les mathématiques à l'aide de manuels scolaires. En 1998, l'artiste fuit la guerre civile et s'installe aux Pays-Bas. Pour décrire son travail , Mansaray évoque la guerre et ses traumatismes. Dans des dessins monumentaux, il donne forme à des machines imaginaires qui produisent du feu, de la lumière, de l'air, de l'eau, du froid, du mouvement et du son. Exécutés à la mine de plomb, au stylo-bille, aux crayons de couleur et au feutre, les oeuvre de Mansaray se composent de diagramme, de schémas, d'esquisses, de calculs et de commentaires qui peuvent être lues comme des planches éducatives sur le mode de l'Encyclopédie.

Evil Detector 2005 - Abu Bakarr Mansaray by mycottoncloud

Evil Detector 2005 - Abu Bakarr Mansaray by mycottoncloud

Digital-man 2004 - Abu Bakarr Mansaray by mycottoncloud

Digital-man 2004 - Abu Bakarr Mansaray by mycottoncloud

FREDERIC BRULY BOUABRE (COTE D'IVOIRE)

Penseur, philosophe, chercheur, conteur, historien, poète et artiste, Frédéric Bruly Bouabré a œuvré dans tous les champs du savoir. Son oeuvre comprend plusieurs milliers de dessins qui associent images et écrits consignés jour après jour. Chaque dessin est un relevé de savoirs, de signes, d'empreintes et de pensées. L'ensemble du travail de Bouabré se fonde sur une volonté encyclopédique de rassembler toutes les connaissances du monde. Habité par l'idée d'une parenté universelle dans un désir de réunir l'humanité, Bouabré est à l'écoute du monde. Il considère que tout est déjà là et donné dans la nature. Il traduit des rêves, des mythes, des connaissances scientifiques en leur donnant  une portée poétique et symbolique. Dans sa série la plus célèbre, "le Musée du Visage Africain", Bouabré fait l'inventaire des différentes scarifications sur le visage et certaines parties du corps, qui permettent comme le ferait une pièce d'identité, d'identifier les hommes, leur appartenance à une famille ou à un territoire. 

Musée du Visage Africain 1996 - Frédéric Bruly Bouabré by mycottoncloud

Musée du Visage Africain 1996 - Frédéric Bruly Bouabré by mycottoncloud

 

ETRE LA

L'Afrique du Sud, une scène contemporaine

 

En partie révélée au monde après la fin de l’apartheid et l'arrivée au pouvoir de Nelson Mandela en 1994, la scène artistique sud-africaine est l'une des plus dynamique du continent africain. Sa force tient à l'engagement des artistes et à une vitalité culturelle qui s'adosse à un réseau établi  d'institutions, de galeries et d'universités.

Sans être un panorama "ETRE LA" réunit les oeuvres récentes de trois générations d'artistes nés ou vivant en Afrique du Sud. Témoins d'un pays encore marqué par son histoire et par les urgences de l'actualité, leurs oeuvres expriment la nécessité d'intervenir au présent.

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JANE ALEXANDER

Figure de référence sur la scène contemporaine sud-africaine, Jane Alexander traite dans ses sculptures et ses installations immersives des enjeux universels d'inégalités, d'oppression et obsession sécuritaire. Politiques et oniriques, ses oeuvres témoignent avec ambivalence de la période de l'apartheid, du post-apartheid (après 1994) et du monde contemporain.

"Infantry with Beast" se constitue d'un bataillon de 27 individus progressant sur un tapis rouge. Face à eux une bête les observe. Ces figures mi-animales, mi-humaines, se réfèrent au lycaon pictus. Appelé "chien sauvage africain", cet animal évoluant en meute organisée a subi des campagnes d'éradication systématiques avant de figurer sur la liste des espèces menacées en 1990. A la fois chasseur et chassé, il symbolise ici le statut ambigu de prédateur et de proie, tissant un lien entre le système hiérarchique et autoritaire de l'armée et celui de la meute.

Infantery with beast 2003-2010 - Jane Alexander by mycottoncloud

Infantery with beast 2003-2010 - Jane Alexander by mycottoncloud

Infantery with beast 2003-2010 - Jane Alexander by mycottoncloud

Infantery with beast 2003-2010 - Jane Alexander by mycottoncloud

DAVID KOLOANE

Artiste, enseignant, écrivain et activiste, David Koloane, véritable passeur, a grandi dans les township et fondé dans les années 1970 "The Gallery", première galerie d'art dont les propriétaires étaient noirs. Son oeuvre dédiée à l'énergie chaotique de Johannesburg, témoigne de la réalité politique, culturelle et sociale de la ville et du pays. Les chiens errants, nombreux dans les township, en sont des sujets omniprésents depuis la série de dessins "Street Dogs" jusqu'au film d'animation "The Takeover".

Son trait rageur et compulsif évoque, sous la forme d'une courte fable, un fait divers tristement fréquent dans les township : l'histoire d'une femme attaquée et dévorée par une meute de chiens. Libre et sauvage, menacé et menaçant, traqué et toujours représenté en groupe, le chien est pour l'artiste la métaphore de l'oppression des Noirs par les Blancs et l'image de la division du pays. 

10 Street Dogs 2005 - David Koloane by mycottoncloud

10 Street Dogs 2005 - David Koloane by mycottoncloud

WILLIAM KENTRIDGE

Figure majeure de la scène artistique sud-africaine et internationale, William Kentridge développe depuis la fin des années 1980, une oeuvre multiforme à la croisée des disciplines où se mêlent arts plastiques, performances, théâtre et opéra. Dans "Notes Towards a Model Opera", Kentridge convoque l'histoire politique, sociale et intellectuelle de la Chine moderne à travers les huit opéras prolétaires crées sous la Révolution Culturelle chinoise (1966-1976). Sur les trois écrans surgissent ensemble ou à tour de rôle, au premier plan ou en ombre chinoise, des performers qui exécutent d'étranges chorégraphies en arborant les accessoires de la contestation. En fond, des images fixes et animées mêlent cartes géographiques de territoires marqués par des révolutions, plans urbains correspondant à des périodes de crises (Paris, Johannesburg, Pékin...), slogans en lettres découpées, pages de livres écrits en idéogrammes  chinois, ou encore notes et dessins de l'artiste. Collage visuel et sonore, politique et culturel, géographique et historique, cette installation vidéo monumentale se présente comme une méditation immersive et poétique sur la révolution et ses différentes manifestations.

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NICHOLAS HLOBO

L'oeuvre de Nicholas Hlobo se construite dans le contexte de l'après-guerre à partir de son expérience d'homme noir appartenant à la culture Xhosa. L'artiste s'en approprie les croyances et les rites en y intégrant les enjeux liés à l'identité et au genre. Hlobo assemble des fragments de matériaux, coud et dessine des lignes sinueuses et colorées à l'aide de rubans multicolores.

Son installation "Ndize" pour "celui qui cherche dans le jeu de cache-cache", emblématique de ces hybridations, est une accumulation de fils soutenus par une structure en caoutchouc qui se répand au sol sous la forme de petites balles, comparables selon l'artiste aux miettes éparpillées par Hansel et Gretel dans le conte des frères Grimm. Cette oeuvre s'impose au mur sous une forme décorative et monumentale témoignant de la pratique de la couture chez Hlobo, traditionnellement associée au féminin et au domestique.  

Ndiza 2010 - Nicholas Hlobo by mycottoncloud

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ZANELE MUHOLI

Zanele Muholi est photographe et "activiste visuelle". Ses portraits représentent la place de la femme noire dans le contexte sud-africain d'aujourd'hui, tout en abordant frontalement la question de l'identité sexuelle et de sa reconnaissance. Politique, son travail engagé vise à donner une visibilité à une communauté marginalisée, souvent agressée, notamment par la pratique de violes punitifs. Sa démarche traduit la difficulté à représenter les corps et les identités pris dans un flux d'interprétations non maîtrisées ou non consenties. 

La série "Faces and Phases Follow Up" débutée en 2006, compte aujourd'hui plus de 300 portraits. Chaque modèle est photographiée plusieurs fois à différentes périodes de sa vie. "Faces" renvoie à la personne et "Phases" aux diverses phases de sa construction identitaire. L'artiste explique : "Je cherche à établir une compréhension de ce que signifie être femme, noire et lesbienne aujourd'hui".

Xana Nyilenda Newton Johanesburg 2010 - Zanele Muholi by mycottoncloud

Xana Nyilenda Newton Johanesburg 2010 - Zanele Muholi by mycottoncloud

Xana Nyilenda Los Angeles 2013 - Zanele Muholi by mycottoncloud

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Xana Nyilenda Pietermartizburg KwaZulu Natal 2016 - Zanele Muholi by mycottoncloud

Xana Nyilenda Pietermartizburg KwaZulu Natal 2016 - Zanele Muholi by mycottoncloud

KEMANG WA LEHULERE

Artiste, poète et musicien, Kemang Wa Lehulere développe une oeuvre à la croisée des genres et des disciplines qui explorent l'histoire de son pays y compris dans ses développements récents. A travers l'évocation de lieux, d'événements ou de personnes, il exhume les récits oubliés, inconnus, ignorés ou cachés, en marge du discours admis. 

Dans l'installation "Redding of the Greens or Dog Sleep Manifesto" en premier plan, il rappelle le déplacement et le droit de propriété, figurés par des valises de lopins de terre recouverts de pelouse. Référence explicite à la loi du "Native Land Act", considérée comme la première loi du régime de l'apartheid adoptée en 1913, qui privant les Noirs de leurs propres terres, les contraignaient souvent à l'exil. Omniprésente dans les oeuvres de Wa Lehulere, la figure du chien ici en faïence, traduit une constante ambivalence, entre menace et protection pouvant rappeler les attaques de chien dans les township ou celles des bergers allemands des policiers durant l'apartheid.

En second plan, l'artiste a créé "Cutting Corners", un dessin mural réalisé à la craie blanche sur un mur noir - à la manière d'un tableau d'école - qui fait référence à travers des images métaphoriques et des évocations poétiques au droit de propriété. Ainsi les parcelles carrées surmontées d'un drapeau volontairement laissé sans couleur ni motif rappellent les lopins de terre volées aux Noirs.

Cutting Corners 2017 & Redding of the Greens or Dog Sleep Manifesto 2015 - Kewang Wa Lehure by mycottoncloud

Cutting Corners 2017 & Redding of the Greens or Dog Sleep Manifesto 2015 - Kewang Wa Lehure by mycottoncloud

KUDZANAI CHIURAI

Dans ses vidéos, affiches, peintures et dessins de grand format, Kudzanai Chiurai, artiste militant, traite des conflits liés à l'histoire de l'émancipation du continent africain. La série "Révélations" mêle imagerie pop et références à l'art et à l'histoire. Parodiant un imaginaire occidental projeté sur l'Afrique, ces photographies évoquent les luttes et les transitions vers la démocratie dans un état imaginaire et métaphorique. Chargées de symboles, ces images traitent tour à tour de l'unité dans le conflit après l'anarchie, de la place primordiale des femmes dans les combats d'émancipation ou dénoncent les privilèges du patriarcat.

Revelations II 2011 - Kudzanai Chiurai by mycottoncloud

Revelations II 2011 - Kudzanai Chiurai by mycottoncloud

Revelations V 2011 - Kudzanai Chiurai by mycottoncloud

Revelations V 2011 - Kudzanai Chiurai by mycottoncloud

Revelations VI 2011 - Kudzanai Chiurai by mycottoncloud

Revelations VI 2011 - Kudzanai Chiurai by mycottoncloud

THENJIWE NIKI NKOSI

Née dans une famille très militante de retour des Etats-Unis après la fin de l'apartheid, Niki Nkosi s'interroge sur la mémoire, et à travers elle, sur l'idée du héros. Qu'est ce qu'un héros? Qui peut le devenir? Pourquoi et comment le devient-on? En avons-nous besoin? Tels sont les  16 portraits à ce jour qui composent la série "Heroes", développée au moment de la mort de Nelson Mandela, en décembre 2013.

Ces portraits réalisés selon un cadrage serré et un format identique s'inspirent de photographies trouvées sur internet. Africains du continent ou de la diaspora, connus ou anonymes, historiques ou contemporains, cette collection ouverte réunit des acteurs politiques et culturels engagés, comme des victimes de violences et homicides.

Ayim 2015 - Thenjiwe Niki Nkosi by mycottoncloud

Ayim 2015 - Thenjiwe Niki Nkosi by mycottoncloud

Sunstrum 2017 - Thenjiwe Niki Nkosi by mycottoncloud

Sunstrum 2017 - Thenjiwe Niki Nkosi by mycottoncloud

Upright Man (Thomas Sankara) 2012 - Thenjiwe Niki Nkosi by mycottoncloud

Upright Man (Thomas Sankara) 2012 - Thenjiwe Niki Nkosi by mycottoncloud

GRAEME WILLIAMS

Entre 1989 et 1994, Graeme Williams témoigne des fulgurantes violences qui ont précédées les premiers élections "multiraciales" en Afrique du Sud. Depuis, il suit l'évolution complexe de son pays à travers une pratique croisant art et documentation. 

La série "As the Grass Growth" (2014-2015), est consacrée à la génération des "born-free" âgée d'une vingtaine d'années, la première "née libre" après l'apartheid. Une grande partie n'a pas accès à l'éducation et vie dans la précarité. Les photographies de Williams saisissent les jeunes dans leur environnement quotidien. Elles montrent les difficultés de leur parcours souvent stoppé dans son élan et l'effet de promesses non tenues. 

François Van Kraamberg Touwsriver South Africa 2014 - Graeme Williams

François Van Kraamberg Touwsriver South Africa 2014 - Graeme Williams

François (16 ans) a quitté l'école après la fin du grade 10 (équivalent de le 2nde). "Il n'y avait plus de places à l'école locale donc j'ai dû faire ma scolarité dans une autre ville. Il fallait que je parte de bonne heure pour y aller et je rentrais toujours tard. J'étais trop fatigué pour me concentrer. Je veux vraiment devenir développeur informatique donc je vais essayer de trouver une place à l'école locale l'année prochaine". 

Siphosethu Mabe Aberdeen South Africa 2015 - Graeme Williams

Siphosethu Mabe Aberdeen South Africa 2015 - Graeme Williams

Siphosetu (18 ans) a quitté l'école après avoir obtenu son matric (équivalent du bac). "J'avais de bonnes notes et je veux étudier la gestion des ressources humaines". Mes parents ne sont plus là et ma grand-mère n'a pas les moyens de me payer des études. J'ai essayé de trouver une bourse sans succès."

Janine Witboy Victoria West South Africa 2014 - Graeme Williams

Janine Witboy Victoria West South Africa 2014 - Graeme Williams

Janine (19 ans) a quitté l'école en grade 7 (équivalent de la classe de 5ème) à cause de problèmes financiers dans sa famille. "Je pense que je pourrais faire quelque chose de bien de ma vie mais je ne crois pas que ça va arriver".

Vuyisa Maqabangpa Aberdeen South Africa 2015 - Graeme Williams

Vuyisa Maqabangpa Aberdeen South Africa 2015 - Graeme Williams

Vuyisa (20 ans) a passé son matric et se destinait à des études de droit, mais il s'occupe actuellement de son petit-frère. "Ma mère est morte quelques semaines après que je passe mon matric, et après ça, tout  s'est écroulé à la maison".

MUSA NXUMALO

Musa Nxumalo documente le quotidien de son entourage parmi la jeunesse urbaine des township. Il présente une génération allant à l'encontre des stéréotypes négatifs attachés aux banlieues sud-africaines. L'artiste y dévoile notamment le goût de la fête et des cultures alternatives, en particulier du rock dans lequel il est lui-même immergé en tant que participant et observateur.

Musa Nxumalo by mycottoncloud

Musa Nxumalo by mycottoncloud

Musa Nxumalo by mycottoncloud

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BUHLEBEZWE SIWANI

A partir de son expérience de jeune femme noire  queer, Siwani s'interroge sur le pouvoir, la mémoire, la colonisation, le genre, la religion ou les liens entre l'homme et la nature. Elle recourt à son propre corps pour ses installations, performances, photographies et vidéos. L'artiste se revendique comme "sangoma", douée de pouvoir de guérison, dimension spirituelle qui nourrit son oeuvre.

"Batso Bancama" est un moulage grandeur nature en savon de son corps, matériau emblématique de son travail. Cette installation composée également de bassines renvoie à la toilette des filles et plus largement aux rites de passages destinées aux femmes, à l'intimité et aux traditions qui les inscrivent dans une société patriarcale. 

Batso Bancama [And The Gave Up] 2017 - Buhlebezwe Siwani by mycottoncloud

Batso Bancama [And The Gave Up] 2017 - Buhlebezwe Siwani by mycottoncloud

SUE WILLIMASON

Sue Williamson est une artiste incontournable de la scène sud-africaine depuis les années 1980. Son travail d'auteur porte sur l'actualité et sur l'histoire de son pays. A travers ses réalisations, elle donne une voix et un visage aux différentes victimes du système ségrégationniste, et notamment de délocalisations forcées. 

Dans "It's a Pleasure to Meet You", Williamson filme le dialogue entre deux jeunes évoquant la mort brutale de leur père dans les années 1990 avant la fin de l'apartheid. Elevés dans le souvenir de cette disparition, ils évoquent leur enfance, la découverte de vérités et contre-vérités, jusqu'à la confrontation avec les responsables. Ce film dépasse le cadre du documentaire, c'est avant tout l'histoire d'une rencontre entre deux jeunes adultes en prise avec leur passé et leur avenir, engagés dans un processus de reconstruction.

It's a Pleasure to Meet You 2016 - Sue Willimason - Tous droits réservés

It's a Pleasure to Meet You 2016 - Sue Willimason - Tous droits réservés

LAURENCE LEMAOANA

Laurence Lemaoana s'inspire du langage médiatique et politique dont il dénonce l'emprise sur l'imaginaire collectif. Son utilisation du kanga, tissu populaire en Afrique Australe et emblématique de la mondialisation (dessiné au Pays-Bas, fabriqué industriellement en Chine et vendu en Afrique) s'inscrit dans ce questionnement. Il agence sur ce textile des slogans, dont le graphisme rappelle celui des grands titres de journaux placardés dans les centres commerciaux, aux carrefours et aux sorites d'autoroutes. Ces textiles soulignent  à la fois la duplicité d'un certains discours officiel et l'urgence de la justice tout en se référant à la lutte contre l'apartheid, à des citations politiques et aux influences culturelles de l'artiste.

Laurence Lemaoana by mycottoncloud

Laurence Lemaoana by mycottoncloud

 

 COLLECTION DE LA FONDATION

Une sélection d’œuvres africaines

 

Dernière partie de cette magnifique exposition, cette collection complémentaire aux "Initiés" et "Etre là" témoigne de l'influence culturelle de l'Afrique dans l'appréhension du paysage artistique mondial en questionnant l'histoire, la mémoire et l'identité culturelle du continent.

MOSHEKWA LANGA (AFRIQUE DU SUD)

Enfant, Moshekwa Langa découvre que son village rural de Bakenberg, ancien bantoustan, (zones réservées aux Noirs durant l'apartheid) ne figure pas sur un atlas mondial. Ce souvenir est à la source d'œuvres visant à réinscrire sa terre dans la géographie et à la faire exister. Ainsi, en témoigne la série "Drag Painting", toile humides attachées à l'arrière d'une voiture et traînées sur les routes de terre rouge de Bakenberg évoquant des relevés topographiques marqués par les aspérités du sol.

Where Do I Begin 2001, Moshekwa Langa by mycottoncloud

Where Do I Begin 2001, Moshekwa Langa by mycottoncloud

ROMUALD AZOUME (BENIN)

On retrouve Romuald Hazoumè qui compose cette fois une mappemonde de visages à partir des bidons, comme un portrait possible de la mondialisation.

Exilt Ball 2008 - Romuald Azoumè by mycottoncloud

Exilt Ball 2008 - Romuald Azoumè by mycottoncloud

SANTU MAFOKENG (AFRIQUE DU SUD)

Réalisée durant un mois en 1986, la série "Train Church" prend pour sujet le train qui relie Johannesburg et Soweto, trajet épuisant pour les populations noires tenues loin de leur lieu de travail durant l'apartheid. Matin et soir, ce trajet se transforme en instant de grâce collective car prêches et gospel réunissent alors les habitants de plusieurs quartiers.  

Train Church 1986 - Santu Mafokeng by mycottoncloud

Train Church 1986 - Santu Mafokeng by mycottoncloud

ROBIN RODE (AFRIQUE DU SUD)

Robin Rode développe une oeuvre proche du graffiti qui mêle performance, dessin et film. Du sol au mur, il trace au fusain ou à la craie des objets avec lesquels les personnages de ces films interagissent, semblant rentrer dans l'espace du dessin. Les scénettes prennent vie à travers un procédé d'animation partant d'images fixes montées en fondu enchaîné. Dans "New Kid On The Bike", les enfants s'inventent des vélos qu'ils ne possèdent pas. 

New Kids on the Bike 2012 - Robin Rhode - Tous droits réservés

New Kids on the Bike 2012 - Robin Rhode - Tous droits réservés

ZANELE MUHOLI (AFRIQUE DU SUD)

Ces photographies proviennent de la série "Somnyama Ngonyama", qui signifie "Salut à toi Lionne Noire". Zanele Muholi se met en scène dans des autoportraits où elle arbore de façon outrancière des coiffures et accessoires qui renvoient aux stéréotypes de la femme noire et de l'Afrique. S'affichant avec fierté et par militantisme, elle retourne les clichés et les archétypes de sa propre condition.

Somnyama Ngonyama 2014/2015 - Zanele Muholi by mycottoncloud

Somnyama Ngonyama 2014/2015 - Zanele Muholi by mycottoncloud

Somnyama Ngonyama 2014/2015 - Zanele Muholi by mycottoncloud

Somnyama Ngonyama 2014/2015 - Zanele Muholi by mycottoncloud

Somnyama Ngonyama 2014/2015 - Zanele Muholi by mycottoncloud

Somnyama Ngonyama 2014/2015 - Zanele Muholi by mycottoncloud

OMAR VICTOR DIOP (SENEGAL)

Dans la série "Diaspora", Omar Victor Diop réactualise les portraits de 12 africains qui du XVIè au XIXè siècle ont joué un rôle important hors de leur continent. Soigneusement costumé et mis en scène, l'artiste les incarne tour à tour et revisite l'histoire du portrait de la miniature moghole aux peintures des cours d'Europe. Des détails anachroniques empruntés à l'univers du football replacent ses acteurs d'une histoire méconnue dans la période contemporaine.

"Le football est pour moi un phénomène global intéressant car il révèle souvent où en est la société en termes de race" explique l'artiste.

Diaspora 2014/2015 - Omar Victor Diop - Tous droits réservés

Diaspora 2014/2015 - Omar Victor Diop - Tous droits réservés

Prince Don Nicolau (1830-1860) - Omar Victo Diop by mycottoncloud

Prince Don Nicolau (1830-1860) - Omar Victo Diop by mycottoncloud

Prince du Congo, Don Nicolauest le premier leader africain à avoir protesté par écrit contre la politique coloniale, s'exprimant dans la presse de Lisbonne contre les activités commerciales et militaires du Portugal.

Henrique Dias (disparu en 1662) - Omar Victo Diop by mycottoncloud

Henrique Dias (disparu en 1662) - Omar Victo Diop by mycottoncloud

Né au Brésil, alors colonie portugaise, Henrique Dias mène avec des esclaves libérés des batailles contre les armées hollandaises. Il est fait Chevalier de l'Ordre du Christ par le Roi du Portugal.

Omar Ibn Said (1170-1864) - Omar Victo Diop by mycottoncloud

Omar Ibn Said (1170-1864) - Omar Victo Diop by mycottoncloud

Musulman né au Sénégal, Omar Ibn Said est étudiant en mathématiques et en théologie. Envoyé comme esclave aux Etats-Unis à l'âge de 25 ans, il poursuit en captivité son travail scientifique et rédige une importante autobiographie.

Jean-Baptiste Belley (1746 - 1805) - Omar Victo Diop by mycottoncloud

Jean-Baptiste Belley (1746 - 1805) - Omar Victo Diop by mycottoncloud

Né au Sénégal, esclave à Saint-Domingue, Jean-Baptiste Belley achète sa propre liberté. Pendant la Révolution Française, il est membre de la Convention et du Conseil des Cinq-Cent.

Ayuba Suleiman Diallo (1701-1773) - Omar Victo Diop by mycottoncloud

Ayuba Suleiman Diallo (1701-1773) - Omar Victo Diop by mycottoncloud

Les mémoires d'Ayuba Suleiman Diallo sont un des premiers récits d'esclave. Né au Sénégal, il passe deux ans dans le Maryland avant d'être envoyé en Angleterre et libéré. Il retourne dans son pays natal en 1734.

LYNETTE YIADON-BOAKYE (GHANA)

Les personnages de Lynette Yiadon-Boakye évoquent des moments de rêveries centrés sur des sujets à la peau noire, une idée générale de la normalité pour l'artiste.

Pale for the Rapture 2016 - Lynette Yiadon-Boakye by mycottoncloud

Pale for the Rapture 2016 - Lynette Yiadon-Boakye by mycottoncloud

All Manner of Comforts 2016 - Lynette Yiadon-Boakye by mycottoncloud

All Manner of Comforts 2016 - Lynette Yiadon-Boakye by mycottoncloud

CHERI SAMBA (REPUBLIQUE DEMOCRATIQUE DU CONGO)

On retrouve Chérie Samba dans cette oeuvre où il déclare son amour pour la couleur. "La couleur est partout. Je trouve que la couleur c'est la vie. Il faut que notre tête tourne comme dans une spirale pour reconnaître que tout ce qui nous entoure n'est autre que couleur. J'aime la couleur, pour ne pas dire que j'aime la peinture. La couleur c'est l'univers, l'univers c'est la vie, la vie c'est la peinture".

J'aime la couleur 2013 - Chéri Samba by mycottoncloud

J'aime la couleur 2013 - Chéri Samba by mycottoncloud

RASHID JOHNSON (ETATS-UNIS)

Alliage d'acier, de végétaux et de néons, "Plateaus" aborde les thèmes des déplacements et de l'hybridation. Dans une grille référence au minimalisme, Rashid Johnson a placé des plantes d'appartement exotiques et des bustes en beurre de karité qui ravivent la mémoire des africains envoyés comme esclaves en Amérique. Y figurent aussi des classiques de la littérature afro-américaine (Native Son de Wright) et du matériel de radio, renvoyant à la notion de transmission et au souvenir de l'artiste pour son père radio-amateur. Les travaux de Rashid Johnson lui ont valu une grande reconnaissance au sein d'une génération "post black" en ce qu'elle refuse d'être réduite au seul statut d'artiste noir. 

Plateaus 2014 - Rashid Johnson by mycottoncloud

Plateaus 2014 - Rashid Johnson by mycottoncloud

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Ainsi s'achève ce retour artistique! Il y a de quoi ré-inspirer et ré-enchanter le quotidien à l'heure africaine. Je reviens bientôt dans un nouveau post.

 

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En mai dernier, La Place accueillait l'exposition "Wu Lab" en hommage au Wu-Tang Clan, groupe mythique du hip-hop new-yorkais qui fêtera ses 25 ans en 2018. Disons que cet événement organisé dans le nouveau centre culturel hip-hop de la ville de Paris sous la canopée des Halles était une introduction aux festivités à venir ;)

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La Place - Copyright mycottoncloud

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Imaginée par Olivier Annet N'Guessan (journaliste et acteur de l'industrie hip-hop) et John Mook Gibons (cousin de RZA et PDG de Wu Tang Managment), cette rétrospective a rassemblé peintures, disques, affiches, livres, vêtements en série limitée, photographies, objets d'art..."L'idée étant de permettre au grand public de se plonger dans l'imaginaire du groupe dont le logo et l'esthétique ont inspiré de nombreux artistes".

 

Au-delà de l'exposition, le Wu Lab a proposé une série d'happening avec dj-set, rencontre des membres du Wu, projection du film documentaire "Wu, the story of the Wu-Tang Clan" et visites-ateliers "Kids'N Play" spéciale Wu Tang.

 

FROM MUSIC TO ART

Il faut croire que le Wu Tang n'a pas fini de marquer les esprits! 

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L'exposition était très originale, surprenante et hétéroclite. Je ne m'attendais pas du tout à ça mais c'était cool. L'espace d'un instant, le Wu Lab m'a ramené à la musique que j'écoutais quand j'étais ado lol. Je vous présente mes oeuvres et créations préférées.

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Et si je montais  le son pour ambiancer la soirée, en souvenir des 90's?

A BETTER TOMORROW 

Un appel à sortir de la misère, de la violence, de la drogue, de la prostitution et des prisons pour repenser sa vie, faire des projets et concrétiser ses rêves, au risque que les prochaines générations suivent le mauvais chemin  # Rap Engagé # Rap conscient

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La Place Centre Culturel Hip-Hop

10 passage de la Canopée

75001 Paris

Tel : 01 70 22 45 48

http://laplace.paris/

https://fr-fr.facebook.com/LaPlaceHiphop/

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Aujourd'hui, je commence la série des "TIC-Tac". Ma façon de parler des nouvelles Technologies d'Information et de Communication que je kiffe. J'espère que vous êtes prêts car ici tout sera à base d'applications, logiciels, plateformes numériques, réseaux sociaux etc. Mon côté geek ;)

 

Je vous partage sans plus tarder mon énorme coup de coeur pour URBACOLORS. Lancée en 2011 par Matthieu Olivier et Aurélien Michaud, cette application et son site internet entièrement dédiés au street art permettent de poser un regard différent sur la richesse graphique des villes partout dans le monde. Qui n'a jamais remarqué une mosaïque "space invader" près d'un panneau de rue ou un graff impressionnant sur le rideau d'un magasin? En quelques années, le street art est devenu incontournable, constituant un mouvement artistique engagé, gratuit et accessible qui me passionne totalement (clin d'oeil au frérot).

 

Urbacolors s'est inspiré de cette démarche de création urbaine pour proposer à ses utilisateurs de capturer, géolocaliser et partager le street art autour d'eux. Le site vient compléter l'application et permet de consulter l'ensemble des clichés à travers une galerie classée par noms d'artiste ou d'utilisateur. En créant notre espace personnel, on peut collectionner et découvrir des oeuvres, s'abonner aux comptes d'autres contributeurs, échanger notre point de vue sur une création, discuter d'art urbain ou consulter la page de nos artistes préférés. 

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Urbacolors apporte une dimension résolument ludique à la découverte de l'art urbain. Les villes deviennent les terrains de chasses au trésor géantes où il faut dénicher du street art. Un moyen de concurrencer les Pokémons Go et de marcher le nez en l'air plutôt que le regard au sol (attention aux crottes de chien quand même lol).

 

Le plus magique dans tout ça, c'est que l'utilisation collective et participative d'Urbacolors permet de créer un musée virtuel et mondial du street art pour garder en mémoire ces oeuvres éphémères par essence. Je vous laisse avec une partie de ma collection personnelle et vous retrouve très vite dans un prochain post.

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Urbacolors est téléchargeable gratuitement sur iOs et Android

https://www.urbacolors.com/fr

https://fr-fr.facebook.com/Urbacolors/

 

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J'ai découvert l'artiste américain Kehinde Wiley en 2012 lors de son exposition THE WORLD STAGE FRANCE 1880-1960 à la galerie Daniel Templon.

 

Déferlement de couleurs pour un portrait contemporain et graphique de la jeunesse africaine interrogeant la place de l'identité ethnique marquée par la colonisation française, les Indépendances et la mondialisation. Kehinde Wiley semblait à la fois dynamiter le passé tout en célébrant la manière dont chacun garde en lui une part de son héritage culturel, aussi métissé et polarisé soit-il.

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Kehinde Wiley poursuit aujourd'hui son exploration de la confrontation entre histoire de l'art et culture de la rue avec LAMENTATION, inspirée de l'iconographie religieuse autour du Christ et de sa mère, la Vierge Marie.

 

J'ai découvert un ensemble monumental de dix oeuvres inédites, vitraux et peintures, dévoilées au coeur des collections permanentes du Petit Palais. Au-delà de l'histoire sacrée, Kehinde Wiley s'intéresse à l'expression de la vulnérabilité, de la souffrance et de la mort, tandis que la lumière des vitraux manifeste la présence divine auprès "des invisibles", ces personnes traditionnellement exclues des représentations du pouvoir, du prestige et de la puissance. Autant de questionnements culturels et politiques sur les modèles de société...

 

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"Le problème du XXème siècle est le problème de la ligne du partage des couleurs" disait le militant W.E.B Du Bois en 1903. Une phrase qui résonne encore en moi après une visite au Musée du Quai Branly le dernier jour de l'exposition :

 

THE COLOR LINE

Les artistes africains-américains et la ségrégation

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Alors que certains construisent encore des murs de haine, de peur, de rejet entre les personnes et les communautés, cette exposition est un bel hommage aux artistes et penseurs qui se sont battus contre la ségrégation raciale et pour l'égalité par l'affirmation d'une identité noire.

 

On part ainsi à la découverte d'une production artistique de 150 ans qui témoigne de la richesse créative de la contestation noire à travers la peinture, la sculpture, la photographie, le cinéma, la musique et la littérature. Les discriminations sont sans cesse dénoncer afin que s'estompe "la ligne de couleur".

 

Cela me rappelle combien l'art et la culture sont aussi des ressources précieuses pour initier et accompagner les transformations de nos sociétés vers plus d'humanité et de paix. Je crois que la créativité convoque nos émotions, qu'elle parle de notre inconscient et de notre imaginaire, tout en exprimant un formidable élan de liberté au cœur de nos vies.

 

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Mes nuages, comment se passe ces premiers mois de l'année? Pour ma part, je dirais qu'il y a une touche assurément artistique dans l'air après avoir fait  4 expos en janvier. 

 

Et d'ailleurs, aujourd'hui je vous emmène au Grand Palais pour :

MEXIQUE 1900-1950

Diego Rivera, Frida Kahlho, José Clemente Orozco et les avant garde

 

Après notre voyage annulé en 2015, Lili et moi avons pris beaucoup de plaisir à contempler tous ces chefs-d'oeuvre. Quel bonheur que le Mexique soit finalement venu à nous lol.

 

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Depuis son indépendance conquise face à la monarchie espagnole en 1821, le Mexique n'a cessé d'affirmer sa volonté de changement et son esprit de modernité. C'est en s'appuyant sur la peinture, la sculpture, l'architecture, l'urbanisme, la musique, la littérature, le cinéma et les arts appliqués que le pays forge son identité.

 

Le parcours proposé nous a offert un panorama d'artistes célèbres en témoignant du foisonnement de créativité artistique porté tout au long du XXème siècle par les avant-gardistes.

 

Cette belle exposition raconte la multiplicité des composantes ethniques, économiques et culturelles du Mexique, parle de Révolution, de lutte des classes, de construction sociale ainsi que de la place des femmes.

 

Que Viva Mexico!

 

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La Corne d'abondance - Angel Zarraga 1927 - Coopyright mycottoncloud

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Indiennes un jour de marché - Francisco Diaz de Leon 1922 - Copyright mycottoncloud

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L'indienne - Abraham Angel 1923 - Copyright mycottoncloud

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Indienne d'Oaxaca - Ramon Ceno Manilla 1928 - Copyright mycottoncloud

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La fille à la perruche - Carlos Merida 1917 - Copyright mycottoncloud

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Le soldat blessé - Luis Ortiz Monasteria - Copyright mycottoncloud

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Les femmes des solats - Jose Clemente Orozco 1926 - Copyright mycottoncloud

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Défile zappatiste - Jose Clemente Orozco vers 1930 - Copyright mycottoncloud

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Vendeuses d'arums - Diego Riveira 1942 - Copyright mycottoncloud

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La rivière Juchitan - Diego Riveira 1953 à 1955 - Copyright mycottoncloud

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Nahuio Olin - Gerardo Murillo - Copyright mycottoncloud

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Portrait de Dolores Olmedo - Diego Riveira 1955 - Copyright mycottoncloud

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Autoportrait - Frida Kahlo 1938 - Tous droits réservés

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Je crois que pour moi l'été a commencé le samedi 21 mai d'une façon inspirante, poétique et lumineuse avec l'exposition Seydou Keïta au Grand Palais. En passionnée de photographie, j'ai pris beaucoup de plaisir à déambuler jusqu'à "l'heure des étoiles" pour découvrir cet artiste africain lors de la "Nuit européenne des Musées". J'avais un mois d'avance vous me direz lol, mais comme je suis partie en vacances au soleil juste après, c'était comme les prémices de la belle saison. 

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Seydou Keïta est né à Bamako vers 1921 et ouvre son studio de photographe portraitiste en 1948 sur la parcelle familiale, près de la gare et des nombreux lieux d'attraction de la ville. 

Sa vocation est venue quelques années plus tôt avec l'appareil Kodak Brownie que son oncle lui a offert avant-guerre. Audodidacte, Seydou Keïta a bénéficié des conseils de son voisin Mountaga Dembélé, photographe et instituteur malien, tout en fréquentant le magasin-studio photo de Pierre Garnier. 

Très vite, il devient célèbre grâce à son sens de la mise en scène, de la pose, son travail à la lumière naturelle et la qualité de ses tirages. Il réalise l'essentiel de ses portraits en une seule prise, à la chambre 13x18, qu'il développe par contact au même format. Son succès tient également aux nombreux accessoires mis à disposition de ses clients dans son studio : costumes, chapeaux, cravates, montres, bijoux, mercedes, vespa etc. Ils contribuent à la projection d'une identité visuelle et sociale, réelle ou idéalisée, émanant d'une société malienne qui aspire à la modernité.

La photographie de Seydou Keïta marque la fin de l'époque coloniale et des codes de représentation "des indigènes" représentés frontalement en tant qu'échantillons anthropologiques d'une éthnie ou d'une catégorie de population, pour ouvrir l'ère d'une photographie africaine qui affirme son identité. Keïta privilégie les poses de trois-quart et la diagonale pour magnifier des personnes et non des sujets. Ses clients deviennent ainsi des modèles actifs de sa démarche artistique à travers plusieurs milliers de clichés. 

Seydou Keïta est aujourd'hui considéré comme l'un des plus grand portraitiste du XXè siècle. Cette belle rétrospective est un mélange de tirages argentiques modernes et de tirages d'époque pour des photos réalisées de 1949 à 1962, date à laquelle Seydou Keïta ferme son studio.  Il est en effet recruté comme photographe officiel du président Modibo Keïta, élu à l'indépendance du Soudan Français qui devient la République du Mali. Keïta prendra sa retraite en 1977 pour se consacrer à sa passion de la mécanique, avant de mourir à Paris en 2001.

 

Maintenant, place aux images : je partage avec vous quelques unes de mes photos préférées.

 

Enjoy!

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Je vous emmène avec moi au coeur de la superbe exposition "L'art et l'enfant" que j'ai visité cette semaine au musée Marmottan Monet

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Réunissant près de 75 chefs-d'oeuvre de la peinture française signés Le Nain, Champaigne, Fragonard, Chardin, Greuze, Corot, Daumier, Millet, Manet, Cézanne, Monet, Morisot, Renoir, Lepage, Pelez, Bonnard, Valloton, Matisse, Picasso, Chaissac, Dubuffet...cette collection inédite née de la collaboration d'historiens et d'historiens de l'art, retrace l'évolution du statut des enfants entre les XVè et XXè siècle.

 

 

Claudine Collin Communication

J'ai adoré la présentation chronologique des tableaux qui permet de découvrir les peintures en fonction du contexte de l'époque et des courants artistiques. C'est comme si on nous invitait à remonter le temps pour traverser une multitude d'enfances : les jeux, les apprentissages, la famille, la vie quotidienne, la société...je trouve tout cela passionnant!

 

L'exposition débute avec le Moyen-Âge et l'image de l'enfant-dieu, lorsque la représentation des plus petits étaient encore limitée à la sphère religieuse. Puis, la Renaissance révèle l'enfant-roi sur lequel repose l'avenir de la famille et du pays. Avec les Lumières, les oeuvres sont tournées vers des illustrations médicales qui accompagnent les travaux scientifiques, avant que la bourgeoisie du XIXè siècle ne mettent en avant la tendresse maternelle et le savoir partagé par le père. Enfin, l'exposition se termine sur des oeuvres sociétales représentant les enfants des rues et les enfants défavorisés du siècle dernier, ceux apprenant le métier de leurs parents, et les travaux d'artistes avant-gardistes qui se sont inspirer des dessins d'enfants.

"Louis XIV offrant sa couronne et son sceptre à la Vierge" Philippe de Champaigne (vers 1650)

"Louis XIV offrant sa couronne et son sceptre à la Vierge" Philippe de Champaigne (vers 1650)

"Louise-Marie de Bourbon, duchesse d'Orléans, dite Mademoiselle de Tours" Pierre Mignard (1691)

"Louise-Marie de Bourbon, duchesse d'Orléans, dite Mademoiselle de Tours" Pierre Mignard (1691)

"L'enfant au toton" Jean-Siméon Chardin (1738)

"L'enfant au toton" Jean-Siméon Chardin (1738)

"Benoit Agnes Trioson regardant des figures dans un livre" de Anne Louis Girodet-Trioson (1797)

"Benoit Agnes Trioson regardant des figures dans un livre" de Anne Louis Girodet-Trioson (1797)

"Les petits patriotes" de Philippe-Auguste Jeanron (1830)

"Les petits patriotes" de Philippe-Auguste Jeanron (1830)

"La précaution maternelle" de Jean-François Millet (vers 1855-1857)

"La précaution maternelle" de Jean-François Millet (vers 1855-1857)

"L'enfant de troupe" d' Eva Gonzalès (1870)

"L'enfant de troupe" d' Eva Gonzalès (1870)

"Promenade près d'Argenteuil" de Claude Monet (1875)

"Promenade près d'Argenteuil" de Claude Monet (1875)

"Les pâtés de sables" de Berthe Morisot (1882)

"Les pâtés de sables" de Berthe Morisot (1882)

"Un martyr. Le marchand de violettes" de Fernand Pelez (1885)

"Un martyr. Le marchand de violettes" de Fernand Pelez (1885)

"Les enfants de Martial Caillebotte" de Pierre Auguste Renoir (1895)

"Les enfants de Martial Caillebotte" de Pierre Auguste Renoir (1895)

"La boxe" de Maurice Denis (1918)

"La boxe" de Maurice Denis (1918)

"Visage mélancolique" de Gaston Chaissac (1918)

"Visage mélancolique" de Gaston Chaissac (1918)

"L'art et l'enfant", un regard fascinant sur la période la plus innocente de nos vies.

 

http://www.marmottan.fr/fr/exposition_en_cours-musee-2576

 

Enjoy!

 

 

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Janvier 2015

Je ne suis pas rentrée au Togo depuis longtemps alors c'est incroyable de voir Lomé s'animer sous mes yeux grâce au travail de Mayeul Akpovi.

Lomé in motion

Mayeul Akpovi est un photographe urbain passionné par le timelapse, une technique qui consiste à créer une vidéo à partir d'une succession de photos (environ 20 000 pour "Lomé in motion"). Depuis 2011, il déambule dans les villes du monde au hasard des quartiers, des rues et des rencontres pour capturer les endroits qui le touchent et l'émerveillent. 

Après avoir parcouru Paris, Marseille, Lyon, Istanbul, Shanghaï ou encore Saint-Petersbourg, Mayeul décide de retourner en Afrique avec le désir de rendre hommage au continent loin de l'image véhiculée par les médias. Installé à Cotonou où il a grandi, Mayeul prévoit de découvrir prochainement la Côte d'Ivoire, le Sénégal, le Ghana et le Nigéria.

 

Enjoy!

 

https://www.mayeul.com/fr/

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